Il ne s’y attendait pas. Il y a quelques mois encore, alors qu’il préparait sa première saison chez les seniors, Florent Amodio ne s’imaginait pas s’envoler pour les JO. Tout au plus espérait-il quelques résultats encourageants. Ils furent bien plus que cela. À l’automne dernier, il remporte les Masters d’Orléans devant Brian Joubert, la star incontestée de la discipline. Deux mois plus tard, en l’absence de ce dernier, il s’empare du titre de champion de France et gagne son billet pour Vancouver. L’ascension est fulgurante.
Acrobate et danseur à la fois
Qui aurait dit que ce petit garçon né au Brésil, adopté à l’âge d’un mois par un couple de Français, s’illustrerait un jour dans les sports de glace ? Florent Amodio a été «repéré» lors d’une séance publique à la patinoire de Cergy-Pontoise. Il avait 4 ans. Ce jour là, l’entraîneur Bernard Glesser entrevoit de suite l’étendue de ses possibilités. Accord des parents obtenu, il prend l’enfant sous sa coupe. Quinze ans plus tard, ces deux-là sont toujours ensemble. Et se connaissent sur le bout des doigts.
«On n’a pratiquement plus besoin de se parler» admet l’entraîneur. La particularité de son poulain, selon lui ?
«Posséder à la fois des qualités d’acrobate et de danseur». Le jeune homme, que ceux qui le connaissent décrivent comme volontaire et généreux, est étonnant. On lui parle contraintes du haut niveau ? Il répond plaisir. Un plaisir que même les moments difficiles, comme ces deux ans passés loin des patinoires en raison d’une maladie de croissance, ne parviennent pas à entamer.
«Ils font partie de la vie d’un sportif. Je les ai acceptés». Sur les espoirs qu’il suscite, les succès à venir, il affiche, détaché, une maturité déconcertante.
«L’expérience m’a montré que ça ne servait à rien de se mettre la pression. Quand je pense à mon histoire ou quand je vois ce qui se passe dans le monde, à Haïti par exemple en ce moment, je relativise pas mal de choses. Et je mesure la chance que j’ai d’être là où je suis».